samedi 25 mai 2019
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Le Rainbow Warrior III mis à l’eau

Le Rainbow Warrior III, nouveau navire de l’association environnementaliste Greenpeace, a été mis à l’eau hier aux chantiers Fassmer de Berne-Motzen, à proximité de Bremerhaven, en Allemagne. Il sera livré en octobre pour l’anniversaire des 40 ans de l’organisation.
Il s’agit du premier navire neuf commandé par l’ONG. Le premier Rainbow Warrior, coulé en 1985 par les services secrets français en Nouvelle-Zélande lors de sa campagne de protestation contre les essais nucléaires, était un chalutier britannique de 1955 racheté par Greenpeace en 1977. Le Rainbow Warrior II, armé actuellement par l’organisation, est également un ancien bateau de pêche, âgé de cinquante ans, dont vingt-cinq ans de campagne où il s’est fait quelque peu malmener.
La commande du Rainbow Warrior III a été signée en 2009 pour un montant d’une vingtaine de millions d’euros, soit environ 15% du budget annuel de Greenpeace. Le chantier Fassmer, spécialisé dans les navires de servitude, a remporté le contrat devant des concurrents grecs et portugais, notamment parce qu’il bénéficiait, selon les responsables de Greenpeace, de « beaucoup d’expérience dans les solutions écologiques ». Long de 58 mètres pour un poids de 680 tonnes, le Rainbow Warrior III est une vitrine pour l’ONG, qui a voulu « la mise en pratique de ses valeurs » dans la construction de son bateau.

La coque, construite dans les chantiers polonais de Gdansk, a rejoint le hangar de Berne-Motzen en novembre dernier. Et, depuis, les ingénieurs du chantier ont dû suivre un cahier des charges très strict avec une impressionnante liste de spécifications dressée par Greenpeace, ce qui, selon les propos rapportés par l’AFP, a causé « quelques migraines » au chef designer, Uwe Lampe : « Nous avons fait un bateau qui remplit un nombre inhabituellement élevé de normes environnementales, de sécurité, ou autre. Nous n’avions le droit d’utiliser que des pièces répondant aux normes européennes et d’acheter des matériaux produits en Europe, donc pas d’acier chinois ou de contreplaqué russe ». A bord il y aura une station d’épuration d’eau et un compacteur d’ordures. L’équipage, limité à 33 personnes, pourra vivre à bord en autonomie pendant quatre semaines.
La propulsion du navire sera essentiellement assurée par une voilure de 1350 mètres carrés, en cinq voiles gréées en goélette sur deux mâts de 50 mètres de haut. Les mâts, de type A-Frame, et les espars sont en aluminium et disposeront d’enrouleurs pour les voiles. Le Rainbow Warrior III sera également doté d’une propulsion hybride avec un moteur électrique et un moteur diesel (Caterpillar 3512C et Volvo Penta D65 A) qui pourront, si nécessaire, permettre au navire d’atteindre la vitesse de 16 noeuds.
Le Rainbow Warrior III disposera d’un helideck à l’arrière et d’un système de communication extrêmement perfectionné puisque, dans les mâts, il y aura 48 antennes et systèmes de transmissions. Autre demande spécifique de Greenpeace : la porte de la salle radio, juste sous le pont, doit pouvoir résister au moins trente minutes à un assaut de forces spéciales venues arraisonner le navire…

 

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